HISTOIRE DE LA CHINE 


L’Empire  du Milieu     中 国 

 

« Nulle chose n’est compréhensible que par son histoire. »   Père Teilhard de Chardin

 

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La Chine d’aujourd’hui est le point d’aboutissement d’une très longue évolution.

C’est par étapes que les populations chinoises se sont fixées dans le vaste espace qui s’étend de la zone équatoriale à la Taïga sibérienne et de l’île de Formose ( Taïwan ) au centre même de l’Asie.

C’est par des transformations successives des systèmes politiques et sociaux, des techniques et de l’économie, que le visage de la Chine s’est modifié au cours des âges.

Aujourd’hui, comme au cours de l’histoire, la Chine reste la plus grande puissance de l’Asie. La Corée a fait partie de la Chine pendant quatre siècles, le Vietnam pendant un millénaire. L’influence de la Chine s’est étendue au Japon, elle a pénétré l’Asie centrale, la Mongolie, le Tibet, les pays de l’Asie du sud-est.

Le monde chinois a été depuis les origines en relation avec les régions situées au sud de l’Oural, l’Iran, l’Inde, en contact avec le monde hellénisé, avec les pays gagnés au bouddhisme puis à l’islam.

L’idée d’une Chine fermée sur elle-même ne correspond pas plus aux réalités de l’histoire que celle d’une Chine stagnante et éternelle.


Période néolithique

 

Carte Chine néolithique

 

Les premières traces de sédentarisation de communautés agricoles se situeraient vers 8000 av. J.C.

Le néolithique est marqué par un essor des arts artisanaux.

En Chine, différentes cultures aux particularismes très marqués s’épanouissent simultanément.

 

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On distingue deux grandes aires de cultures néolithique en Chine du nord.

 

Céramique Yangshao -4500

Le centre de la culture Yangshao se trouvait au Henan occidental et dans la vallée de la Wei au Shenxi.

Cette culture produit de belles poteries ornées de figures géométriques et parfois de dessins très stylisés d’oiseaux et de poissons en noir ou rouge.

La principale céréale est une variété de millet, mais l’élevage du chien et surtout du porc semble avoir été très important.

 

 

Céramique Longshan neolitique chinois

Le domaine primitif de la culture Longshan correspond à la plaine Centrale et à l’ouest du Shandong.

La caractéristique la plus frappante est une poterie noire, dure et fine d’une extrême élégance.

Les villages se trouvent sur des buttes ou collines, protégés par un rempart en terre damée.

Les animaux d’élevage sont le chien, le porc, les ovidés et bovidé.

 

 

 Plus au sud d’autres cultures néolithiques …

 

Céramique Cong Liangzhu néolithique chinois

La culture orientale de Liangzhu se situe dans le sud du Jiangsu et le nord du Zhejiang.

L’une des formes les plus caractéristiques est le cong, tube quadrangulaire dont le centre est percé d’un trou cylindrique ( objet rituel…).

 

 

Le sud était occupé par d’autres cultures néolithiques dont l’importance de la chasse, de la pêche et de la cueillette sont à signaler.

 

 

( source: Le monde chinois de Jacques GERNET )


Age du bronze

 

Les Xia 

Yu le GrandPremière dynastie héréditaire, qui aurait été fondée par Yu le Grand ( en ~ 2205 ). Les données que les historiographes chinois nous ont transmises à propos de cette dynastie sont entièrement légendaires.

La dynastie des Xia aurait appartenu au Néolithique.

Selon l’historien Sima Qian, la dynastie des Xia aurait compté dix-sept règnes, le déclin de la vertu dynastique aurait fait du dernier souverain un tyran sinistre, dont le personnage est le modèle du criminel tel que peuvent l’imaginer les moralistes confucéens.

 

Les Shang

C’est avec les dynasties des Shang et des Yin que commence en Chine la très riche civilisation du bronze.

1 Carapace tortue divinatoire Shang

Les caractéristique de la civilisation Shang sont :

-   une technique du bronze qui atteint son apogée à la fin du IImillénaire

-   l’usage d’un char à timon attelé de deux chevaux

-   le développement d’une écriture dont les principes sont ceux de l’écriture chinoise

-   l’existence de villes murées

-   une économie où prédomine l’agriculture

 

Dans le Shiji « Mémoires historiques » de Sima Qian (140-87 av. J.C.), la dynastie Shang compta trente rois à partir de son fondateur, Tang, dit le « Victorieux ».

 

Les Zhou 

Rien ne permet de distinguer les débuts des Zhou de la fin des Shang.

Zhou de l'ouest

Venus d’une région propice à l’élevage du cheval, excellents guerriers, ils développent l’usage du char.

De la civilisation Shang ils ont gardés les techniques artisanales, la religion et l’organisation sociale.

 

Les Zhou occidentaux

881 av. J.C. début de l’histoire datée.

En 771 av J.C. des invasions barbares obligent les Zhou à se déplacer vers l’est, à l’emplacement de l’actuelle Luoyang.

 

Les Zhou orientaux 

La rivalité entre états fédéraux désorganise le pays, le pouvoir royal est défaillant.

 

Début de la période  Chunqiu - Printemps et Automne    春 秋

( source: Le monde chinois de Jacques GERNET – Encyclopaedia Universalis )


Les Royaumes Combattants ( 453 av J.C. )

Ve au IIIe siècle avant J-C

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A l’époque archaïque de la cité-palais succède en Chine du nord celle des principautés nobles, alliées et rivales entre le IXe et le Ve siècle avant notre ère.
Les deux siècles et demi qui précèdent l’unification des pays chinois par le royaume des Qin en 221 avant J.C sont connus dans l’histoire sous le nom de « période des royaumes combattants ».

Pour l’historiographie traditionnelle, cette période commence avec la division, en 453 avant J.C, du royaume des Jin au Shanxi et dans le nord du Henan en trois plus petits royaumes. Cette date est sans doute arbitraire mais elle marque le début d’une période de guerres acharnées entre les royaumes chinois.

Période durant laquelle le monde chinois subit des transformations profondes dans la plupart des domaines : société, politique, économie, démographie, techniques …

Les transformations politiques correspondent avec le développement des armées de fantassins, les formes même de la guerre se modifient, les soldats sont tout à la fois, main d’œuvre pour les grands travaux, combattants et producteurs de céréales. Autre nouveauté, une cavalerie créée sur le modèle de celle des nomades de la steppe.

Les guerres de conquêtes avaient entraîné à partir du milieu du Ve siècle, la construction de grandes murailles de défenses sur les frontières des royaumes.


 

 

LES QIN

221 à 206 avant J-C

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Le prince qui était venu au pouvoir dans le royaume de Qin en 238 av J-C devait faire la conquête de tous les pays chinois et fonder le premier empire. Après avoir détruit et annexé successivement les autres royaumes, le roi de Qin prend le titre d’Auguste souverain (Huangdi) et est connu dans l’histoire sous le titre de Premier empereur (Shi Huangdi).
La conquête des pays chinois achevé, il mènera la double et immense tache de l’unification politique et administrative de ce vaste empire et des offensives à l’extérieur du domaine chinois.

Des mesures sont prises contre tous ceux que l’état considère comme des oisifs ou des parasites : vagabonds, chefs d’écoles, lettrés (célèbre incendie des livres en 213) marchands et artisans.

Dans le Nord on poursuit de grands travaux de défenses en prolongeant les murailles construites par les royaumes de Yan, Zhao et Qin.

Le caractère tyrannique du régime, le trop grand effort exigé de chacun, la haine que les anciens privilégiés portent au pouvoir … provoquent à la mort de l’empereur des rebellions qui conduiront à l’écroulement de l’empire.

La dynastie éphémère des Qin a apporté au monde chinois une organisation étatique qui conservera ses éléments fondamentaux.

C’est elle aussi qui devait donner son nom à la Chine. Il est généralement admis que la Chine a été connue sous ce nom en Occident par les soieries de l’Empire de Qin.


LES HAN

206 av. J-C à 220 aprés J-C

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Après une période d’anarchie, Liu Bang, fondateur des premiers Han est au pouvoir.

Dans toutes les zones qu’il contrôle directement, le pouvoir Han s’efforce de briser la puissance des notables. Mais à mesure que se consolide la dynastie, les lois héritées de l’empire des Qin sont adoucies.

L’expansion militaire et l’établissement de relations commerciales favorisent la diffusion des influences chinoises dans la plus grande partie de l’Asie. Des colons sont envoyés dans les territoires conquis ainsi que dans les régions stratégiques.

En l’an 9 le pouvoir est affaibli et amène à l’éphémère dynastie des Xin. Les révoltes paysannes associées aux rebellions des grandes familles du Henan conduisent à la restauration des Han.

La classe des fonctionnaires lettrés s’est développée et les riches propriétaires terriens influencent le gouvernement (transféré dans le Henan à Luoyang).

A partir de 143 de nouveaux ennemis apparaissent en même temps que le pouvoir s’affaiblit. Des guerres civiles éclatent. L’époque suivante sera caractérisé par un recul de l’activité urbaine et de l’économie monétaire.


LES TROIS ROYAUMES 220 à 280 

Les Jin 365 à  420, les 16 Royaumes 304 à 439 et les Dynasties du Nord et du Sud 420 à 589

 

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En ce début de troisième siècle les empereurs Han ont perdus tout pouvoir et ce sont les chefs de guerre chargés de la répression qui prennent le contrôle du pays sous la forme de trois unités politiques indépendantes, connues dans l’histoire sous le nom de trois royaumes (San Guo).

Le plus puissant est celui du Nord dont la capitale est Luoyan. C’est le royaume de Wei, les deux autres sont le royaume de Han et celui de Wu.

Cette période marque le début de la division entre la Chine du fleuve jaune et celle du Yangzi.

La vie intellectuelle est marquée par des tendances et des préoccupations étrangères à la tradition des lettrés, c’est à dire à ce que les occidentaux ont appelés « confucianisme ». L’amour de la nature, le mépris des rites, l’art pour l’art, le désintérêt taoïste pour les affaires publiques sont typiques de cette période de troubles et d’instabilité. C’est une des périodes les plus fécondes de la pensée, des lettres et de l’art chinois.

A partir du IVème siècle et dans tous les domaines, croît sans cesse l’influence du bouddhisme. Ce qui commence à poser aux états des problèmes politiques, économiques et fiscaux.


LES SUI ET LES TANG

581 à 618 et 618 à 907

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La période qui va de la fin du VIe au Xe siècle se divise en deux parties.

Le pouvoir central à pour soutien une aristocratie d’origine et de tradition militaire. Etablit à Xi’an il reste préoccupé d’expansion militaire vers les steppes et les oasis d’Asie centrale.

La réunification de la Chine, portée traditionnellement au crédit des Sui n’est qu’en partie leur œuvre puisqu’en 577 les Zhou du nord avaient réunifié toute la Chine du nord. Il demeure qu’une œuvre administrative et économique très importante fut accomplie par les Sui. La construction d’un grand canal permettra l’approvisionnement en riz et autres produits des régions déficitaires, érection de greniers gigantesques …

Le passage des Sui au Tang ne marque pas de changement radical.

Cependant au cours du VIIIème siècle, de grandes armées indépendantes tendent à se constituer dans les régions frontalières. Cette évolution aboutira à l’une des crises les plus graves de l’histoire.

La rébellion militaire est d’importance, l’empire des Tang ne survit que grâce aux troupes étrangères, le pouvoir central sacrifie son autorité dans la plus part des provinces.

Cependant à cette période succède un effort de redressement, une réorganisation du système fiscal et surtout en 780 l’adoption d’un véritable impôt foncier.

L’expansion chinoise sous les Tang a pour effet un développement sans précédent entre l’Asie orientale et les autres régions du continent. Les cultes étrangers sont non seulement tolérés mais reconnus officiellement. Mais c’est surtout le bouddhisme qui connait à cette époque un essor remarquable.

Les VIIème et IXème siècles sont l’âge d’or de la poésie classique et on voit apparaître des encyclopédies de tous genres.

Les progrès en chine du Nord des populations sinisées et le déclin de l’influence chinoise à l’extérieur ont pour contrecoup une réaction nationale de xénophobie et de retour aux sources anciennes de la tradition classique, dans le domaine de la pensée et du style écrit.


LES SONG

Les Song du Nord 960 à 1126 Les Song du Sud 1127 à 1279

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Entre les Tang et les Song (907-960) se trouve la période dite des « cinq Dynasties ». Elle désigne les pouvoirs qui se succèdent à Kaifeng au Henan, qui règnent sur la Chine du Nord. Le reste de l’empire des Tang est alors divisé en six ou sept royaumes dont les territoires correspondent aux régions naturelles.

Issu des Cinq Dynasties, le nouvel empire des Song en gardera l’un des traits les plus caractéristiques : Le pouvoir central aura pour principal soutien une armée de mercenaires dont le noyau principal sera formé par la garde personnelle des empereurs.

L’époque des Song s’apparente à l’Europe des XVe-XVIIe siècles par toute une série de nouveautés. La grande jonque de haute mer, premiers emploi de la poudre à des fins militaires (environ de l’an 1000), première horloge hydraulique …Mais c’est surtout la diffusion de l’imprimerie par xylographes qui a les plus grandes conséquences car elle provoque une diffusion du savoir et accroît le nombre des lettrés.

Le XIème siècle est, dans l’histoire de la pensée chinoise, l’un des plus féconds. Unissant théorie et mise en application, des réformistes s’emploient à modifier système social et système politique. L’influence de la philosophie bouddhique est sensible.

Le développement urbain est à l’origine de distractions diverses d’où naitra une très riche littérature en langue vulgaire.

Tous ces aspects positifs sont cependant menacés par une faiblesse fondamentale : dès sa fondation, l’empire des Song est privé des moyens lui permettant une politique offensive à l’égard de la steppe.


LES EMPIRES BARBARES

Le joug mongol 1280 à 1368

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Etablissement d’une dynastie étrangère (dynastie Yuan).

Dans les premières années du XIIIème siècle, est formée une nouvelle fédération de peuples de la steppe par un chef mongol qui prend le titre de Changzhi-khan (empereur des mers). Au cours de son règne de 1206 à 1227 Changzhi-khan lance des offensives foudroyantes en direction de l’Asie centrale, du Proche orient, de la Russie méridionale.

Il s’attaque à la Chine du nord et Pékin est occupé dès 1215. A la mort de Changzhi-khan des empires Mongols indépendant se constituent, le plus puissant est celui d’Asie orientale qui étendra son emprise sur la Chine du nord, le Sichuan, le Yunnan. A partir de 1273 les Mongols mettent fin à l’empire des Song du Sud.

L’unification politique de la plus grande partie de l’Asie par les Mongols a ouvert la Chine et l’Asie orientale aux influences les plus lointaines. Des voyageurs de toutes les nations parcourent le continent eurasien comme le marchand Vénitien Marco Polo (en Asie de 1272 à 1292). Le Christianisme romain s’implante pour la première fois en Asie, ainsi que l’Islam.

L’influence de l’astronomie et de la cartographie musulmane se fait sentir dès le XIIIème siècle.

Mais les échanges se font aussi dans l’autre sens et des communautés Chinoises s’installent à l’étranger permettant des échanges dans les pays d’Europe et du proche orient comme la poudre explosive, l’imprimerie, les pratiques médicales …

Dans le domaine littéraire, l’étude des lettres reste en sommeil, en revanche, le théâtre et la peinture de paysage, continuent brillamment la tradition de l’époque des Song.


LES MING

Un pouvoir autocratique 1368 à 1644

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L’occupation de la Chine par les Mongols dure peu de temps. Les soulèvements qui devaient mettre fin à leur règne commencent dès le milieu du XIVe siècle et l’un des chefs de la rébellion, Zhu Yuan Zhang, fonde à Nankin en 1368 le nouvel empire des Ming.

Pour remettre en état une Chine ruinée par les guerres et l’exploitation des Mongol, le fondateur qui prend le nom de règne de Hongwu entreprend une œuvre gigantesque de reconstruction économique.

Du point de vue politique Hongwu inaugure un nouveau type de pouvoir. La centralisation fait des progrès sensibles en même temps que s’affirme le caractère autoritaire et despotique du pouvoir impérial.

Vers 1450 la capitale est définitivement déplacée à Pékin. L’époque des Ming voit le développement des polices secrètes et de la puissance des eunuques (ils domineront complètement le pouvoir à certaines époques).

Le règne de Yong Le (1403-1424) est marqué par le désir d’éloigner la menace Mongole. La Chine retrouve alors ses frontières de l’époque de la dynastie Mongole et s’étend même jusqu’au Vietnam. De grands voyages maritimes sont organisés sous la conduite d’eunuques dont le plus célèbre est le musulman Zheng He. Les pays d’Europe n’entreprendront des voyages d’importance égale qu’à la fin du XVe siècle.

Le despotisme du pouvoir impérial, le triomphe de l’orthodoxie officielle (le néoconfucianisme) l’isolement de l’intelligentsia semblent avoir eu des effets néfastes sur la vie intellectuelle au cours de la première moitié de la dynastie Ming. Les seuls faits notables sont la publication en langue vulgaire des grands romans « au bord de l’eau », « le roman des trois royaumes » qui se rattachent à la tradition romanesque des Song.

Le renouveau se produit à la fin du XVIe siècle. Le théâtre éclate, « voyage en occident » grand roman de tendance satirique est publié vers 1570 et le nombre des ouvrages techniques ou scientifiques est considérable.


LES QING - la dynastie mandchoue

1644 à 1911

Qing !

Les circonstances de la conquête de la Chine par les Mandchous sont bien connues et révèlent que cette conquête est venue mettre un terme à une crise sociale et économique si profonde qu’elle devait dans tous les cas, amener la chute de la dynastie des Ming.

Les classe dirigeantes Ming considèrent les envahisseurs Mandchous comme des alliés éventuels contre une rébellion qui est leur principal soucis.

Ainsi les Mandchous trouvent leur conquête facilitée par l’anarchie générale et une complicité de fait chez les dirigeants chinois.

Cependant, les Mandchous s’installent en Chine comme une race de seigneurs destinés à régner sur une population d’esclaves, ainsi que le prouvent les mesures prises au début de la dynastie : interdiction des mariages mixtes, ségrégation des chinois dans les grandes villes, obligation du port de la natte et du costume mandchou, expropriation des paysan chinois…

Cependant, une rapide évolution, favorisée par la présence de conseillers issus de milieux chinois ou sinisés amène les mandchous à adoucir certaines mesures prises dans le milieu agraire et celui du statut des personnes.

A son apogée, l’empire des Qing est plus vaste que l’actuelle République Populaire de Chine. Cette expansion politique coïncide avec un essor économique et démographique sans précédent.

Les exportations chinoises de thé, de soieries, de laque de quincaillerie vers l’Asie du Sud Est et jusqu’en Europe progressent rapidement.

Dés Kangxi (1662-1722), les empereurs Mandchous s’efforcent de rallier les élites intellectuelles chinoises, favorisant les études classiques. Le renforcement de l’orthodoxie et de l’ordre moral apparaît comme un souci constant. Bien que la littérature se soit ressentie de ce climat, de grandes œuvres voient le jour comme Hong Lou Meng, « Le rêve du pavillon rouge ».

Les influences étrangères ne paraissent pas avoir laissé de traces très profondes.

Les Jésuites très actifs et bien accueillis à la cours des Ming à partir de l’arrivée à Pékin de Matteo Ricci (1601), introduiront dans les milieux lettrés des éléments de mathématiques, d’astronomie et de géographie occidentale. Mais la position des Jésuites devient plus difficile à partir de la condamnation des « rites » chinois par le Vatican en 1707.

Un des grands tournants de l’histoire de la Chine se situe aux environs de 1800.

Le malaise paysan qui a déjà commencé à se manifester lors des soulèvements du Lotus blanc se fera plus profond pour aboutir aux terribles insurrections de 1850-1870.

L’économie chinoise à monnaie d’argent, entre alors en concurrence avec une économie mondiale à monnaie d’or. A ces effets généraux s’ajoutent ceux plus particuliers de la contrebande d’opium. Les indemnités de guerre, les tarifs préférentiels des produits importés, la concurrence des transports et des industries étrangères devaient achever de ruiner l’économie chinoise.


LA FIN DE L’ISOLEMENTouverture forcée aux nations occidentales

1840 à 1885

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Un système de traités inégaux est désormais en place et va dominer pendant près d’un siècle les relations internationales de la Chine.

Leur principal caractère est d’aboutir à une diminution de la souveraineté chinoise dans plusieurs domaines essentiels, telle l’administration (avec les concessions) ou la justice (avec l’exterritorialité) mais aussi en matière financière. Désormais le personnel administratif des douanes impériales de chine est presque exclusivement étranger.

L’effet des guerres de l’opium ne s’est pas fait sentir seulement à long terme, par le jeu de tous les privilèges obtenus par l’ occident. Dans l’immédiat la rapidité avec laquelle avaient cédé les autorités mandchoue a sévèrement amoindrie leur prestige politique.


LES SOULÈVEMENTS POPULAIRES

La révolte des Taiping

dengfengdefilehalebardesLa dynastie Mandchoue était en train de perdre le « mandat du ciel », incapable de défendre les intérêts vitaux de la Chine.

C’est dans ce contexte que se déclenchent vers 1850-1870 une très puissante vague de soulèvements populaires, dont l’originalité est d’être l’expression conjointe de la crise sociale et politique chinoise, et de l’intervention de l’occident.

Le plus important de ces mouvements populaire est la révolte des Taiping à la fois paysanne, nationale et moderniste.

Les rebelles s’en prirent aux propriétaires fonciers et attaquèrent les bureaux administratifs. Leur opposition au régime impérial est également politique : ils veulent libérer la chine des Tartares.

Cette insurrection aboutit en chine du Sud à la création d’un véritable état dissident dont la capitale était Nankin et qui se maintint 13 ans.

Mais les Taiping furent finalement vaincus. Une fois l’élan initial retombé, ils n’avaient pas su se dégager du modèle impérial, reproduisant à leur tour les mêmes erreurs (corruption, pouvoir accaparé …)

La révolte des Taiping n’est pas un phénomène isolé.

Dans la plupart des régions de Chine, vers cette époque d’autres mouvements populaires se sont attaqués à l’ordre établi, aux représentants militaires et civils de l’état, aux classes possédantes.

En Chine du Nord se sont les Nian, dans le sud-ouest se sont les musulmans chinois du Yunnan, la communauté des Miao se révolte au Guizhou.

Dans les villes de la cote Shanghai, Amoy, Canton, les adhérents de la Triade, principale société secrète antimandchous restaurèrent la dynastie Ming.

Dans le nord-Ouest la révolte des musulmans du Shanxi et du Gansu dura plus de 10 ans, plus loin vers l’ouest, les Turcs du Xinjiang fondèrent un état dissident.

Vers 1860, il n’était pas une des 18 provinces qui n’échappât en tout ou en partie à l’autorité impériale.

L’empire fut sauvé par les désunions de ses adversaires.


L’EFFORT DE MODERNISATION

1885 à 1919

Shang Hai Pont

La défaite militaire et diplomatique infligée par le France en 1885, la rupture des liens antiques de solidarité avec le Vietnam, et la victoire rapide et brutale (1894-1895) remportée par le Japon précipite l’évolution des esprits.

Pour beaucoup de jeunes intellectuels chinois, il devient urgent d’envisager des réformes beaucoup plus radicales. Leur porte-parole est Kang You Wei. en 1898 alors que s’aggravent les pressions étrangères sur la Chine (le break-up) il est appelé au pouvoir par le jeune empereur Guang Xu qui s’entourait d’une équipe de brillants intellectuels novateurs.

Mais ils s’attirèrent l’hostilité des ultra-conservateurs protégés par Cixi l’impératrice douairière et celle des réformateurs modérés.

Trois mois seulement après l’arrivée de Kang You Wei au pouvoir, l’armée mis fin à l’expérience des « cents jours ». Les réformateurs furent décapités ou s’enfuirent au Japon.

Entre 1896 et 1902 les puissances occidentales font accepter à la Chine des prêts financiers importants à taux élevés, se font reconnaitre des droits d’exploitations (mines, chemin de fer, usines …) ce sont les zones d’influences.

Ce qui provoque de violentes réactions populaires. C’est le mouvement des Yi He Tuan (milices de justice et de concorde), ou « Boxeurs » dont les missionnaires seront les premières victimes.

Le mouvement des Yi He Tuan s’apparentait aux autres sociétés secrètes de Chine. Sans doute liés au Lotus blanc, pratiquant la boxe ils portaient des amulettes leur confiant l’immunité.

Les Boxeurs étaient recrutés dans les villages de Chine du nord et chez les bateliers ruinés.

Début 1900 la cours évacue Pékin qu’assiègent les révoltés.

Ils seront dispersés par une armée internationale. Le gouvernement chinois qui s’était solidarisé avec eux au point de déclarer la guerre aux occidentaux devra payer un lourd tribut.

La dépendance de la Chine à l’égard de l’occident s’aggravait.


 suite dans quelles semaines…