Les Origines du tai ji quan


Introduction

 

.   Il est difficile de déterminer avec authenticité les origines historiques du Taï Ji Quan en Chine, chaque école préférant généralement minimiser le rôle de ses rivales tout en s’appropriant la descendance légitime d’une figure légendaire.

Image Taoiste Grue Serpent

   Généraux, empereurs et autres héros ont entretenu plusieurs légendes dont la plus tenace est celle du taoïste Zhang San Feng qui vécut sur le mont Wudang et s’inspira d’un rêve pour les uns ou du combat réel entre un serpent et une grue pour les autres, pour édifier l’art de la boxe du Tai Ji Quan au XIVéme siècle.


Historique

 

2-taiji-originesUne étude rigoureuse faite par le directeur du bureau de la publication à l’Institut National des Arts Martiaux, Tang Hao qui se rendit sur les lieux stratégiques des arts martiaux (Shaolin, Mont Wudang, Chenjiagou) conclut que le Taï Ji n’avait pas été créé par Zhang San Feng, mais probablement par Chen Wangting de Chenjiagou au XVII ème siècle. Cette étude fut publiée en 1930.

Parmi les recherches effectuées, le nom du général Qi Jiguang (1528-1587) revient souvent. Il semblerait que son traité militaire, le Ji Xiao Xin Shu ait inspiré Chen Wangting pour créer le Taï Ji Quan de la famille Chen.

Quelle que soit la version historique, deux noms reviennent régulièrement, 

Chen Wangting et ZhanSan Feng


Les influences

 

3-taiji-originesQuoi qu’il en soit la boxe du Taï Ji est l’héritage et la conséquence d’une alchimie intégrant la quintessence de certaines techniques martiales existant en Chine avec les apports et les bénéfices de la médecine traditionnelle chinoise. Des esprits géniaux et éclairés ont su élever cet art au plus haut niveau.

Dans la lignée des influences possibles ou probables, on peut imaginer sans effort que la boxe du temple de Shaolin, situé à seulement 80 Km de Chen Jia Gou ait influencé les techniques du Taï Ji Quan.

Les techniques de Shaolin se sont largement répandues, d’abord au niveau des armées sous les dynasties Tang et Song. Puis, le temple, devenant un foyer de résistance sous les Mandchous, fut plusieurs fois incendié et détruit. les Maîtres se dispersèrent dans le pays et les moines dévoilèrent leur art dans de nombreux villages.


Chen jia gou

 

4-taiji-originesAux alentours de 1368, la dynastie Yuan met en place un système d’oppression et d’exploitation de la population, provoquant la révolte paysanne. Sous les Ming lors de la réunification de la Chine, de grandes batailles ont lieu dans le Henan. Les troupes Ming auront beaucoup de mal à conquérir ces régions; aussi l’empereur donne-t-il secrètement l’ordre de massacrer les populations.

En 1372 l’empereur ordonne une migration pour repeupler la région, parmi eux le jeune Chen Bu. Il s’installe dans un village qui s’appelle encore aujourd’hui Chen Bu Zhuan : le village de Chen Bu. Ce lieu en contrebas était toujours inondé; aussi la famille se déplaça-t-elle au sud-est au village de Chang Yang (nom d’un vieux temple). Il devint prospère et changea de nom pour Chen Jia Gou.

Dans ce village d’environ 2 600 habitants, nombre d’entre eux s’appellent Chen.

Chen bu entretenait déjà, avant d’émigrer dans le Henan, une véritable science du combat à mains nues et aux armes. Cette tradition a laissé des traces, il s’agit du Hong Tong Tongbei Quan : la boxe traversant le dos de Hong Tong (nom de son ancien village).

Tout en assurant la protection du village sous forme de milice, une société d’études martiales se créa afin de transmettre l’art du combat au sein de la famille Chen.